Le mois dernier, l'édito s'intéressait à la violence dans les jeux vidéo alors que le quatrième épisode de Grand Theft Auto IV allait sortir. Avec ironie, nous parlions de la réaction de certaines associations, comme la très connue Familles de France, qui, comme un cycle perpétuel, profitent de la sortie d'un nouvel opus de la saga de Rockstar pour sortir de leur grotte et s'outrer du contenu outrecuidant du jeu. Malheureusement, si cette réaction déplacée et insignifiante est cyclique, un autre comportement a étonné les joueurs : celles des médias. Jamais un jeu n'avait autant fait parler de lui à tel point que certains journalistes n'ont pas hésité à tirer à boulets rouges sur le nouveau bébé de Rockstar. Si ce comportement est incompréhensible, il l'est encore moins lorsque l'on sait que la chaîne LCI, soi-disant station d'information sérieuse diffusant des reportages sérieux réalisés par des journalistes sérieux ayant appris dans des écoles de journalisme sérieuses qu'il ne fallait jamais mentir aux auditeurs/spectateurs, a tout simplement menti en diffusant un reportage sur GTA IV. Pour l'occasion, des journalistes se sont rendus dans les locaux de Mixicom, société parisienne éditant les sites internet filmsactu.com et jeuxactu.com pour interroger le rédacteur en chef de ce dernier. Si, selon lui, l'interview a duré une vingtaine de minutes, seules trente secondes d'entre elles ont été passées à l'antenne : uniquement celles où le rédacteur en chef du site parlait de la violence intrinsèque au jeu. Bien entendu, il s'agit là des joies du montage - prouvant une nouvelle fois que l'on peut faire dire ce que l'on veut à des images - mais le pire est que le présentateur du journal n'hésite pas à lancer à l'antenne que l'on peut "violer" des personnes dans GTA IV. Déplorable, d'autant plus que cette attitude n'est pas sans rappeler celle d'un député français qui, dans l'hémicycle, n'avait pas hésité à dénigrer le jeu Rule of Roses. Selon ces quelques personnes, les jeux vidéo auraient une mauvaise influence sur les joueurs : les jeux vidéo seraient-ils le bouc-émissaire des maux de ce monde ?